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Cession · Retraite · Pacte Papin

Céder son entreprise à la retraite : les avantages, et ce que le pacte Papin changerait en 2027

Abattement de 500 000 € sur la plus-value, exonérations des entrepreneurs individuels, et demain un abattement doublé, des droits à 0,1 % et un suramortissement si vous vendez à vos salariés. Le texte déposé, l’état des débats et un cas chiffré, au 12 octobre 2026.

Lecture
24 min
Mise à jour
12.10.2026
Auteur
Nouren Rayan
Dirigeant de PME aux cheveux gris remettant un trousseau de clés à deux salariés dans l’atelier, devant les machines

Une cession préparée au départ en retraite se joue souvent en interne : les salariés connaissent déjà les clients, les machines et les équipes.

En brefCéder son entreprise à la retraite permet de transformer des années de travail en capital, alors qu’une entreprise fermée ne vaut plus que ses actifs. Le régime actuel offre déjà un abattement de 500 000 € sur la plus-value des titres. Le pacte Papin, article 10 du projet de loi de finances pour 2027, le porterait à 1 000 000 € en cas de vente à des salariés, ramènerait les droits d’enregistrement à 0,1 % sur les parts de SARL et les fonds de commerce, et créerait un suramortissement pour l’entreprise reprise. Le texte n’est pas voté au 12 octobre 2026 ; il viserait les cessions de 2027 à 2029.

Article à jour au 12 octobre 2026. Le projet de loi peut encore être modifié par le Parlement. Les passages marqués [Texte déposé] décrivent le projet du Gouvernement, [Parlement] les débats, [Notre lecture] notre interprétation de praticien.

Pourquoi céder plutôt que fermer ou « tenir encore un peu »

Un dirigeant de PME qui approche de la retraite a trois options : céder, transmettre à sa famille ou fermer. La troisième est souvent la conséquence d’une décision qu’on n’a pas prise à temps. Une entreprise liquidée ne vaut plus que la revente de son matériel et de ses stocks, moins les coûts de fermeture. L’activité, les clients, l’équipe, le savoir-faire : tout cela disparaît. C’est précisément ce qui fait la valeur d’une entreprise vendue en fonctionnement.

Les avantages concrets d’une cession au départ en retraite :

  1. Convertir un patrimoine professionnel en patrimoine privé. Pour beaucoup de dirigeants, l’entreprise représente l’essentiel de leur patrimoine, et leur retraite de base et complémentaire ne suffit pas à maintenir leur niveau de vie. Le prix de cession finance la retraite.
  2. Profiter d’une fiscalité qui récompense le départ à la retraite. Le législateur a créé des régimes spécifiques (voir les régimes existants) parce qu’il veut que les entreprises soient reprises plutôt que fermées.
  3. Assurer la pérennité de l’entreprise et des emplois. Les chiffres officiels parlent d’eux-mêmes : selon l’exposé des motifs du PLF 2027 cité par LégiFiscal, près de 500 000 entreprises seraient à transmettre d’ici 2030, alors que 37 000 transmissions ont été recensées en 2024. Le ministère des PME évoque environ 6 500 reprises par les salariés par an et veut doubler ce nombre.
  4. Choisir son repreneur. Les salariés connaissent les clients, les process et les équipes. La reprise interne réduit le risque de rupture, ce qui rassure les banques et peut justifier un crédit-vendeur plus modeste.
  5. Organiser une transition. Une cession préparée permet de transmettre les relations clients et fournisseurs, même si la fiscalité du départ à la retraite impose de quitter toute fonction dans la société (voir les points de vigilance).

La contrepartie : une cession se prépare en deux à cinq ans. Il faut rendre l’entreprise moins dépendante de son dirigeant (voir rendre son entreprise transférable), fiabiliser ses comptes et connaître sa valeur (voir comment calculer la valeur d’une entreprise).

Ce que le cédant a déjà aujourd’hui (régime 2026)

Les taux applicables en 2026-2027

Prélèvement Taux Base légale / source
Prélèvement forfaitaire unique (PFU) sur plus-values mobilières 31,4 % = 12,8 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux CGI art. 200 A ; hausse de la CSG à 10,6 % par la LFSS 2026, applicable aux revenus du patrimoine dès l’imposition des revenus 2025.
Option pour le barème progressif 0 % à 45 % + prélèvements sociaux 18,6 %. CGI art. 197 et 200 A, 2
Contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) 3 % puis 4 % au-delà de 250 000 € / 500 000 € de revenu fiscal de référence (personne seule), 500 000 € / 1 000 000 € (couple). CGI art. 223 sexies.
Contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) Taux minimal d’imposition de 20 % au-delà de 250 000 € / 500 000 € de RFR ; prorogée par la LF 2026 jusqu’au retour du déficit sous 3 % du PIB ; les revenus exceptionnels n’y sont retenus que pour un quart. CGI art. 224 ; loi n° 2026-103 du 19 février 2026, art. 2.
Impôt sur les sociétés 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice (PME éligibles), 25 % au-delà. CGI art. 219
Droits sur cession d’actions (SAS, SA) 0,1 % CGI art. 726
Droits sur cession de parts sociales (SARL, SNC…) 3 % après un abattement de 23 000 € proratisé. CGI art. 726
Droits sur cession de fonds de commerce 0 % jusqu’à 23 000 €, 3 % de 23 000 à 200 000 €, 5 % au-delà. CGI art. 719 et taxes locales.

Les régimes existants du cédant partant à la retraite

Régime Pour qui Avantage Conditions clés
Art. 150-0 D ter — abattement fixe Dirigeant associé d’une PME soumise à l’IS (SAS, SARL…). 500 000 € déduits de la plus-value, pour l’impôt sur le revenu seulement (pas pour les prélèvements sociaux). Non cumulable avec les abattements pour durée de détention. Prorogé jusqu’au 31 décembre 2031. Fonctions de direction pendant 5 ans ; au moins 25 % des droits détenus pendant 5 ans ; cession de la totalité des titres ou de plus de 50 % des droits de vote ; départ à la retraite dans les 2 ans avant ou après la cession ; cessation de toute fonction dans la société ; aucun droit détenu dans la société acheteuse ; PME au sens européen.
Art. 151 septies A Entrepreneur individuel ou associé d’une société de personnes à l’IR. Exonération d’impôt sur le revenu des plus-values professionnelles (prélèvements sociaux dus). Activité exercée pendant 5 ans ; départ en retraite dans les 2 ans ; cession de l’entreprise ou de l’intégralité des parts ; pas de contrôle de l’acheteur par le cédant.
Art. 238 quindecies Entreprise individuelle, branche complète d’activité. Exonération totale si la valeur transmise est inférieure ou égale à 500 000 €, partielle jusqu’à 1 000 000 €. Activité exercée pendant 5 ans ; pas de condition de retraite.
Art. 787 B — pacte Dutreil Transmission gratuite (donation, succession). Exonération de 75 % de la valeur pour les droits de donation. Engagements collectif (2 ans) et individuel de conservation, ce dernier porté de 4 à 6 ans par la LF 2026.
Art. 150-0 B ter — apport-cession Dirigeant qui apporte ses titres à une holding avant la vente. Report d’imposition de la plus-value d’apport. Si la holding vend dans les 3 ans : réinvestir 70 % du prix dans une activité économique (LF 2026). Le PLF 2027 (article 5) rendrait l’impôt exigible en cas de donation ou de succession des titres de la holding, pour les transmissions depuis le 1er octobre 2026.

Pour une vue d’ensemble des dispositifs côté repreneur, voir notre guide des aides à la reprise d’entreprise.

Le pacte Papin en bref

Synthèse. Le pacte Papin, du nom du ministre des PME Serge Papin, est l’article 10 du projet de loi de finances pour 2027, intitulé « Soutien aux reprises d’entreprises ». Il répond au « mur » des transmissions annoncé dans les dix prochaines années. Il vise d’abord les reprises de TPE et PME par leurs salariés : le cédant qui part à la retraite verrait son abattement sur la plus-value doublé, à 1 000 000 €, et les salariés paieraient des droits d’enregistrement réduits à 0,1 % sur les parts sociales ou le fonds de commerce. Un troisième volet, le suramortissement des investissements après la reprise, bénéficierait à toutes les PME reprises, que le repreneur soit salarié ou non. En contrepartie, les salariés repreneurs s’engagent à conserver l’entreprise et à la diriger pendant cinq ans. Le dispositif serait temporaire : cessions du 1er janvier 2027 au 31 décembre 2029. Le Gouvernement le présente comme le pendant du pacte Dutreil pour les transmissions hors du cercle familial.

Où en est le texte au 12 octobre 2026

Étape Date Statut
Annonce par le Premier ministre (lettre aux entrepreneurs) 9 septembre 2026 Fait
Dépôt du PLF 2027 à l’Assemblée nationale (n° 3210), article 10 1er octobre 2026 Fait Texte déposé
Examen en commission des finances : extension du pacte Papin à l’agriculture adoptée 8 octobre 2026 Parlement contenu exact des amendements non confirmé.
Rejet de la première partie en commission (31 voix contre, 3 pour) 9 octobre 2026 Parlement la séance repart du texte du Gouvernement ; les amendements de commission doivent être redéposés.
Discussion de la première partie en séance publique 13 au 19 octobre 2026 À venir
Vote solennel sur la première partie 20 octobre 2026 À venir
Vote sur l’ensemble à l’Assemblée, puis Sénat 17 novembre 2026 À venir
Adoption définitive, promulgation Habituellement fin décembre Non confirmé ; recours à l’article 49.3 possible, non annoncé.
Application Cessions du 1er janvier 2027 au 31 décembre 2029. Texte déposé

Annoncé mais absent du texte déposé. En septembre, le ministère avait aussi présenté un étalement de l’impôt sur la plus-value lorsque le cédant accorde un crédit-vendeur, et la note de Deloitte évoquait un crédit d’impôt pour la société de reprise. Les analyses de l’article 10 tel que déposé (LégiFiscal, Rozant & Cohen) ne mentionnent ni l’un ni l’autre. Non confirmé : ces mesures pourraient revenir par amendement ou dans un autre texte, mais rien ne permet de l’affirmer aujourd’hui.

Les mesures une par une Texte déposé

Mesure 1 — Abattement du cédant porté à 1 000 000 €

PointDétail
Article du CGI modifié 150-0 D ter
Régime actuel Abattement fixe de 500 000 € sur la plus-value du dirigeant partant à la retraite, quel que soit l’acheteur.
Régime proposé 1 000 000 € lorsque l’acheteur est un salarié, ou une société détenue exclusivement par des salariés.
Bénéficiaire Le cédant
Impôts concernés Impôt sur le revenu. Notre lecture Comme l’abattement actuel, il ne réduirait ni les prélèvements sociaux (18,6 % sur la plus-value brute), ni le revenu fiscal de référence qui sert au calcul de la CEHR et de la CDHR.

Mesure 2 — Droits sur les fonds de commerce et clientèles ramenés à 0,1 %

PointDétail
Article du CGI modifié 721 (rétabli), avec suppression des taxes additionnelles locales (1584, 1595 ter).
Régime actuel 0 % jusqu’à 23 000 €, 3 % jusqu’à 200 000 €, 5 % au-delà.
Régime proposé 0,1 % au-delà de 23 000 €, sans taxes locales.
Bénéficiaire L’acheteur (salarié ou société de salariés), qui paie habituellement les droits.
Exemple Fonds de 250 000 € : droits actuels = (200 000 − 23 000) × 3 % + 50 000 × 5 % = 7 810 € ; avec le pacte = (250 000 − 23 000) × 0,1 % = 227 €

Mesure 3 — Droits sur les parts sociales de PME ramenés à 0,1 %

PointDétail
Article du CGI modifié 726
Régime actuel 3 % après abattement de 23 000 € (parts de SARL, SNC…) ; 0,1 % pour les actions de SAS ou SA.
Régime proposé 0,1 % pour les parts sociales, comme pour les actions.
Bénéficiaire L’acheteur salarié ou la société de salariés.
Notre lecture Pour une SAS, cette mesure ne change rien : les actions sont déjà à 0,1 %. Elle profite surtout aux SARL. Le maintien d’un abattement de 23 000 € sur l’assiette à 0,1 % : non confirmé.

Mesure 4 — Suramortissement des investissements après la reprise

PointDétail
Article du CGI créé 39 decies J
Régime actuel Notre lecture Pas de dispositif équivalent lié à une reprise.
Régime proposé Déduction extra-comptable de 60 % de la valeur des biens neufs amortissables pour les microentreprises (tous biens affectés à l’activité), de 30 % pour les autres PME (liste de biens : machines industrielles, manutention, outillage, logiciels industriels, informatique…). Biens acquis après la cession et jusqu’au 31 décembre 2029, déduction étalée sur la durée normale d’utilisation, crédit-bail admis.
Bénéficiaire L’entreprise reprise, quel que soit le repreneur (salarié ou tiers).
Conditions Entreprise en activité depuis au moins 5 ans, au régime réel ; cession de la totalité des titres, de plus de 50 % des droits de vote, ou de toute l’entreprise individuelle ; le cédant cesse toute fonction ; activité poursuivie 5 ans.
Encadrement européen Suramortissement soumis au règlement général d’exemption par catégorie ; droits réduits soumis au plafond des aides de minimis (à vérifier avec les autres aides reçues).

Conditions d’éligibilité, point par point

Condition Ce que dit le texte déposé Statut
Qui est « salarié repreneur » ? Au moins un repreneur a été titulaire d’un contrat de travail dans l’entreprise pendant 5 ans au cours des 10 années précédant la cession. Confirmé par le communiqué de Bercy (7 octobre 2026).
Tous les repreneurs doivent-ils avoir 5 ans d’ancienneté ? Non : la condition vise « au moins un » salarié. Confirmé (analyses du texte).
Type de contrat (CDI, CDD, temps partiel) Le texte parle de « contrat de travail ». Précision sur le CDI : non confirmé.
Quote-part minimale reprise par les salariés Pour l’abattement, la condition existante du 150-0 D ter s’applique : totalité des titres ou plus de 50 % des droits de vote. Seuil propre aux droits réduits. Non confirmé
Forme de la cible SARL et autres sociétés à parts sociales (droits) ; toute PME à l’IS (abattement) ; fonds de commerce ou clientèle (droits) ; entreprise individuelle (suramortissement). Confirmé
Taille PME au sens européen pour l’abattement et les droits ; microentreprise (moins de 10 salariés, CA ou bilan ≤ 2 M€) pour le taux de 60 %. Notre lecture renvoi aux définitions européennes existantes.
Départ à la retraite du cédant Condition existante du 150-0 D ter : retraite dans les 24 mois avant ou après la cession, cessation de toute fonction. Maintien des délais : Notre lecture, texte non consulté directement.
Détention directe ou via une holding Les deux : un salarié en direct, ou une société dont tous les associés sont salariés. Confirmé
Engagement des repreneurs Conserver les titres ou le fonds pendant 5 ans et exercer une fonction de direction ou exploiter l’entreprise pendant la même période. Confirmé
Rupture de l’engagement Remise en cause de l’avantage ; exception pour les droits d’enregistrement en cas de liquidation judiciaire. Confirmé (LégiFiscal) ; sort exact de l’abattement du cédant si les repreneurs rompent : non confirmé.
Période Cessions du 1er janvier 2027 au 31 décembre 2029. Confirmé
Extension aux exploitations agricoles Adoptée en commission le 8 octobre. Parlement à redéposer en séance, non confirmé.

Notre lecture Trois conséquences pratiques de la condition « société détenue exclusivement par des salariés » :

  • Un LBO avec un fonds d’investissement au capital de la holding, même minoritaire, ferait perdre l’abattement doublé et les droits réduits. Le fonds peut en revanche financer en obligations sans entrer au capital, à valider.
  • Le cédant ne peut pas réinvestir dans la holding de reprise : c’est déjà interdit par le 150-0 D ter actuel.
  • La SCOP d’amorçage, où l’ancien dirigeant reste associé majoritaire plusieurs années, paraît incompatible avec l’abattement retraite. Une SCOP classique dont tous les associés sont salariés semble éligible, sous réserve du texte définitif.

Articulation avec les régimes existants

Régime Avec le pacte Papin Commentaire
150-0 D ter (500 000 €) Remplacé par 1 000 000 € si l’acheteur est éligible. Même article, même mécanique, même condition de retraite. Non cumulable avec les abattements pour durée de détention.
151 septies A / 238 quindecies Champs distincts Ces régimes visent l’entreprise individuelle ou la société à l’IR ; le pacte double l’abattement des titres de sociétés à l’IS. Un entrepreneur individuel vendant son fonds à un salarié profiterait des droits à 0,1 % côté acheteur et de son régime 151 septies A ou 238 quindecies côté plus-value Notre lecture.
Art. 732 ter (abattement sur les droits pour cession aux salariés ou à la famille) À articuler Le 732 ter offre déjà un abattement sur l’assiette des droits en cas de cession à des salariés, sous conditions. Avec un taux de 0,1 %, son intérêt devient marginal. Ordre d’application et cumul : non confirmé.
Pacte Dutreil (787 B) Alternatif, pas cumulable sur les mêmes titres. Dutreil = transmission gratuite à la famille ; Papin = vente aux salariés. Un schéma mixte (donation Dutreil d’une partie aux enfants, vente du reste aux salariés) se conçoit, mais le cédant doit alors céder lui-même plus de 50 % des droits de vote pour garder l’abattement
Crédit-vendeur Compatible Le cédant détient une créance, pas des droits dans la société acheteuse. Éviter tout titre donnant accès au capital (obligations convertibles, BSA), qui pourrait être vu comme un droit dans la société acheteuse.
Complément de prix (earn-out) Compatible Imposé l’année où il est perçu (150-0 A, I-2). Selon la doctrine actuelle, la fraction d’abattement non utilisée s’impute sur le complément ; application au plafond doublé : non confirmé.
Apport-cession (150-0 B ter) Alternatif Si le dirigeant apporte ses titres à sa holding et que c’est la holding qui vend, il ne cède pas lui-même : la logique de l’abattement retraite ne joue pas. Le PLF 2027 (article 5) alourdirait en plus la sortie du report en cas de donation.
Régime mère-fille (145, 216) et intégration fiscale (223 A) de la holding de reprise Compatibles, inchangés Holding détenant 95 % ou plus : intégration possible, intérêts d’emprunt imputables sur les bénéfices de la cible (limite de 3 M€ ou 30 % de l’EBITDA). L’amendement Charasse ne joue pas ici puisque le cédant ne contrôle pas la holding.

Cas chiffré complet

Les hypothèses

Cas fictif, construit pour l’illustration.

  • Cible : SARL industrielle, 28 salariés, chiffre d’affaires 6 M€, soumise à l’IS, PME au sens européen, en activité depuis 22 ans.
  • Cédant : gérant détenant 100 % des parts depuis la création, 64 ans, départ à la retraite en 2027, marié, autres revenus du foyer : 80 000 € de RFR. Option pour le PFU.
  • Valeur des titres : 2 400 000 € ; prix de revient fiscal : 50 000 € ; plus-value : 2 350 000 €.
  • Repreneurs : 4 salariés, dont le directeur de production (12 ans d’ancienneté), réunis dans une holding SAS dont ils sont les seuls associés. La holding achète 100 % des parts.
  • Financement : dette bancaire 1 400 000 € ; apport des salariés 200 000 € ; crédit-vendeur 800 000 € sur 5 ans au taux de 4 %, remboursement constant de 160 000 € par an.
  • Investissements post-reprise : 300 000 € de machines à commande numérique en 2027, amortis sur 10 ans.
  • Cession signée en 2027, après promulgation, toutes conditions supposées remplies.

Tableau 1 — Le cédant

Ligne Assiette Taux / abattement Régime actuel Pacte Papin
Plus-value brute 2 400 000 − 50 000 — 2 350 000 € 2 350 000 €
Abattement retraite (150-0 D ter) — IR seulement − 500 000 € − 1 000 000 €
Impôt sur le revenu (PFU) Plus-value après abattement 12,8 % 1 850 000 × 12,8 % = 236 800 € 1 350 000 × 12,8 % = 172 800 €
Prélèvements sociaux Plus-value brute (abattement non applicable). 18,6 % 2 350 000 × 18,6 % = 437 100 € 437 100 €
CEHR (couple) RFR incluant l’abattement : 80 000 + 2 350 000 = 2 430 000 € 3 % de 500 000 à 1 M€, 4 % au-delà. 500 000 × 3 % + 1 430 000 × 4 % = 72 200 € 72 200 €
CDHR Taux minimal de 20 %, plus-value retenue pour un quart si elle est qualifiée d’exceptionnelle. — Non chiffrée Non chiffrée
Total hors CDHR 746 100 € 682 100 €
Prix net d’impôt (hors intérêts du crédit-vendeur) 2 400 000 − total. 1 653 900 € 1 717 900 €
Écart pour le cédant + 64 000 €

Lecture :

  • L’écart de 64 000 € vient uniquement de l’impôt sur le revenu : 500 000 € d’abattement supplémentaire × 12,8 %. C’est le plafond du gain en PFU, atteint dès que la plus-value dépasse 1 000 000 €.
  • La CEHR ne baisse pas, car l’abattement est réintégré dans le revenu fiscal de référence (CGI art. 1417, IV). Le calcul ci-dessus n’applique pas le mécanisme de lissage des revenus exceptionnels de la CEHR, qui peut réduire la contribution : à simuler.
  • Notre lecture La CDHR compare 20 % du revenu de référence à l’impôt effectivement payé. Quand l’impôt sur le revenu baisse grâce à l’abattement, la CDHR peut en reprendre une partie si le foyer se trouve sous le plancher de 20 %. Il faut donc chiffrer le gain réel avec la CDHR, au cas par cas.
  • Une option pour le barème progressif peut changer l’équation pour des titres acquis avant 2018 ou une plus-value plus modeste : à comparer systématiquement.

Tableau 2 — Les repreneurs (holding de reprise)

Ligne Assiette Taux Régime actuel Pacte Papin
Prix des parts — — 2 400 000 € 2 400 000 €
Droits d’enregistrement 2 400 000 − 23 000 (actuel) ; 2 400 000 (Papin, abattement non confirmé). 3 % → 0,1 % (2 400 000 − 23 000) × 3 % = 71 310 € 2 400 000 × 0,1 % = 2 400 €
Besoin total (prix + droits, hors honoraires) 2 471 310 € 2 402 400 €
Financé par : dette bancaire / crédit-vendeur / apport 1 400 000 / 800 000 / 271 310 €. 1 400 000 / 800 000 / 202 400 €.
Intérêts d’emprunt (dette et crédit-vendeur) Intégration fiscale holding + cible. IS 25 % Déductibles Déductibles, inchangé
Engagement de conservation et de direction — — Aucun 5 ans
Écart pour les repreneurs − 68 910 € de droits, soit 34 % de leur apport initial.

Lecture : pour une cible en SAS, cette ligne serait identique dans les deux régimes (0,1 % dans les deux cas). Le choix d’une SARL dans l’exemple est volontaire : c’est là que le pacte change le plus la donne pour les repreneurs.

Tableau 3 — La société reprise

Ligne Assiette Taux Régime actuel Pacte Papin
Investissement 2027 300 000 € — Amortissement normal 30 000 € / an. Amortissement normal 30 000 € / an.
Suramortissement (39 decies J) 300 000 € 30 % (PME, plus de 10 salariés). 0 90 000 € déduits, soit 9 000 € / an pendant 10 ans.
Économie d’IS 9 000 € / an. 25 % 0 2 250 € / an, 22 500 € sur 10 ans.

Formule : économie d’IS = valeur du bien × taux de suramortissement × taux d’IS = 300 000 × 30 % × 25 % = 22 500 €, étalée sur la durée d’amortissement. Ce volet est ouvert aussi à une reprise par un tiers.

Échéancier de trésorerie du cédant

Hypothèses : 1 600 000 € versés à la signature en 2027 (dette bancaire + apport) ; impôt sur la plus-value payé en 2028 sur l’avis d’imposition des revenus 2027 ; intérêts du crédit-vendeur soumis au PFU de 31,4 %, supposés prélevés l’année de leur versement.

Année Capital remboursé Intérêts bruts (4 %) Impôt sur intérêts (31,4 %) Impôt sur la plus-value — actuel Impôt sur la plus-value — Papin Flux net — Papin Cumul — Papin Capital restant dû
2027 1 600 000 (comptant). — — — — + 1 600 000 1 600 000 800 000
2028 160 000 32 000 10 048 746 100 682 100 − 500 148 1 099 852 640 000
2029 160 000 25 600 8 038 — — + 177 562 1 277 414 480 000
2030 160 000 19 200 6 029 — — + 173 171 1 450 585 320 000
2031 160 000 12 800 4 019 — — + 168 781 1 619 366 160 000
2032 160 000 6 400 2 010 — — + 164 390 1 783 756 0
Total 2 400 000 96 000 30 144 746 100 682 100 1 783 756

En régime actuel, le cumul final serait de 1 719 756 €, soit 64 000 € de moins. CEHR sur les intérêts non prise en compte (quelques centaines d’euros).

Le point à retenir : en 2028, le cédant paie la totalité de l’impôt sur la plus-value alors que 640 000 € du prix ne lui ont pas encore été versés. L’étalement de l’impôt au rythme du crédit-vendeur, annoncé en septembre, aurait réglé ce décalage ; il ne figure pas dans le texte déposé (non confirmé).

Ce qu’il ne faut pas faire : additionner

On pourrait être tenté d’écrire que le pacte « rapporte » 64 000 + 68 910 + 22 500 = 155 410 €. Ce total n’a pas de sens économique : il additionne l’impôt d’un particulier, une économie de frais d’acquisition pour une holding et une économie d’IS étalée sur dix ans pour une troisième entité. Chaque partie raisonne sur sa propre ligne. Ce que l’on peut dire, c’est que les économies des repreneurs (droits) allègent le besoin de financement et peuvent, en négociation, soutenir le prix ou réduire la part de crédit-vendeur.

Points de vigilance

  • Texte non voté. Une cession signée en 2026 ne bénéficierait pas du pacte. Un compromis signé en 2026 avec réitération en 2027 pose la question de la date de transfert de propriété : à sécuriser avec l’avocat.
  • Abus de droit et montage artificiel. Faire entrer brièvement un « salarié » dans l’entreprise pour remplir la condition, ou installer comme associés de la holding des salariés prête-noms d’un acheteur extérieur, expose à l’abus de droit (LPF art. L. 64) et à une majoration de 80 %. La condition de 5 ans sur 10 limite déjà ce risque.
  • Requalification du complément de prix ou de l’accompagnement. L’abattement exige que le cédant cesse toute fonction dans la société. Un contrat de consultant rémunéré, ou un earn-out lié à sa présence, peut être requalifié en salaire et faire tomber l’abattement. La durée et la forme de l’accompagnement se calent avant la signature.
  • Garantie d’actif et de passif. Une indemnité versée au titre de la GAP qui prend la forme d’une réduction de prix diminue la plus-value (CGI art. 150-0 D, 14). Un plafond, une franchise et une durée raisonnables protègent un cédant dont les acheteurs connaissent l’entreprise de l’intérieur ; dans une reprise par les salariés, une GAP allégée se défend.
  • Remise en cause. Si les repreneurs revendent ou cessent de diriger avant 5 ans, l’avantage est remis en cause. Le sort de l’abattement du cédant dans cette hypothèse est non confirmé : prévoir dans le protocole une clause d’indemnisation du cédant en cas de rupture fautive de l’engagement par les repreneurs.
  • Défaut des repreneurs sur le crédit-vendeur. C’est le risque principal pour le cédant. L’impôt est payé sur le prix convenu ; un défaut ultérieur ne le réduit pas, sauf résolution de la vente (point à valider au cas par cas). Garanties à négocier : nantissement des parts, caution personnelle limitée, subordination négociée avec la banque, clause de retour à meilleure fortune. Une dette senior de 1,4 M€ remboursée sur les dividendes de la cible laisse peu de marge les premières années : le plan de financement doit montrer un taux de couverture de la dette suffisant (voir financer une reprise d’entreprise).
  • Plafonds de minimis. Les droits réduits entrent dans le plafond des aides de minimis ; vérifier les aides déjà perçues par l’entreprise.

Recommandations pratiques

Quand le pacte Papin est préférable

Situation Notre recommandation
SARL, plus-value supérieure à 1 M€, salariés motivés et finançables Le pacte Papin est le scénario à étudier en premier : 64 000 € d’IR en moins pour le cédant, droits quasi nuls pour les repreneurs.
SAS, plus-value inférieure à 500 000 € Peu de différence : l’abattement actuel couvre déjà la plus-value, les droits sont déjà à 0,1 %.
Acheteur industriel prêt à payer une prime Comparer les prix nets : une offre extérieure supérieure d’environ 100 000 € compense, à elle seule, le doublement de l’abattement (100 000 × (1 − 31,4 % − 4 % de CEHR) ≈ 64 600 € nets). La pérennité et la sécurité de paiement pèsent aussi.
Enfant repreneur Le Dutreil (787 B) reste la voie naturelle pour une transmission gratuite ; le pacte Papin ne concerne que les ventes.
Reprise avec un fonds d’investissement au capital Pas de pacte Papin dans l’état du texte : la holding doit être détenue exclusivement par des salariés.
Entrepreneur individuel (fonds de commerce) 151 septies A ou 238 quindecies pour le cédant, droits à 0,1 % pour le salarié acheteur.

Le calendrier

  1. Dès maintenant (octobre-décembre 2026) : faire évaluer l’entreprise, identifier les salariés repreneurs, vérifier leur ancienneté (5 ans sur 10), monter le plan de financement avec la banque, préparer la lettre d’intention. Ne rien signer d’irrévocable.
  2. Fin décembre 2026 : lire le texte adopté et la loi promulguée, notamment les conditions de quote-part, l’abattement sur l’assiette des droits et l’éventuel étalement de l’impôt avec crédit-vendeur.
  3. Premier semestre 2027 : signer le protocole de cession. Si la retraite est liquidée en 2026, vérifier que la cession intervient bien dans les 24 mois.
  4. 2027-2029 : fenêtre d’application. Une opération lancée tard en 2029 risque de déborder au-delà du 31 décembre 2029.
  5. Jusqu’en 2032-2034 : suivi de l’engagement de conservation des repreneurs et du remboursement du crédit-vendeur.

Une clause du protocole peut subordonner le prix, ou une partie, à l’obtention effective des avantages, à condition que leur perte ne dépende pas du cédant.

Sur le terrain

Dans les dossiers de transmission que nous suivons, la date de départ à la retraite est le paramètre le plus souvent mal calé : elle conditionne l’abattement, et elle se décide rarement en même temps que la cession. La reprise par les salariés, elle, se prépare plus tôt qu’une vente à un tiers, parce qu’il faut identifier les repreneurs, vérifier leur capacité d’apport et bâtir un financement que la banque acceptera.

Avant de comparer les régimes fiscaux, assurez-vous que le prix tient : la méthode de calcul de la valeur d’une entreprise et les 12 méthodes de valorisation donnent une base que les salariés repreneurs et leur banque pourront discuter. Le panorama complet des dispositifs figure dans notre guide des aides à la reprise d’entreprise.

Sources

Sources primaires - Projet de loi de finances pour 2027, n° 3210, article 10 — Assemblée nationale (PDF) - Dossier législatif PLF 2027 — Assemblée nationale - PLF 2027 : les principales mesures pour les particuliers et les entreprises — economie.gouv.fr, 7 octobre 2026 - PLF 2027 — budget.gouv.fr

Analyses du texte et des débats - PLF 2027 : après le Pacte Dutreil, le Pacte Papin — LégiFiscal, 2 octobre 2026 - PLF 2027 : tableau de synthèse article par article — LégiFiscal - PLF 2027 première lecture — Rozant & Cohen - PLF 2027 : la cession aux salariés favorisée par le pacte Papin — Éditions JFA - PLF 2027 : donner ou transmettre sa holding ne ferait plus disparaître la plus-value d’apport-cession — LégiFiscal - Budget : comment le gouvernement veut faciliter les rachats d’entreprises par les salariés — LCP, 10 septembre 2026 - Transmission : en commission, les députés étendent le Pacte Papin à l’agriculture — Agra, 8 octobre 2026 - Budget 2027 : le PLF et son rejet en commission — Legiwatch, 11 octobre 2026 - Pacte Papin : vers le retour d’un régime fiscal favorable aux reprises par les salariés — Deloitte Société d’Avocats, 14 septembre 2026 - Pacte Papin : quatre leviers — La Gazette France, 16 septembre 2026 - Rachat d’entreprise par un salarié : le pacte Papin — CCI Lyon Métropole, 21 septembre 2026

Régimes existants et taux - Abattement retraite : prorogation au 31 décembre 2031 — LégiFiscal - Cession d’entreprise et départ à la retraite : conditions de l’abattement de 500 000 € — Actu-Juridique - La CSG en hausse sur les revenus du capital (PFU 31,4 %) — Actu-Juridique - CDHR 2026 — Crowe Fiduroc - Impôts 2026 : CDHR et revenus exceptionnels — CMS Francis Lefebvre - Code général des impôts, art. 150-0 A, 150-0 B ter, 150-0 D, 150-0 D ter, 151 septies A, 200 A, 219, 223 A, 223 sexies, 224, 238 quindecies, 719, 721, 726, 732 ter, 787 B, 1417 — Légifrance - BOFiP-Impôts

Restent à confirmer : texte intégral de l’article 10 et son évaluation préalable (non consultés directement : le PDF de l’Assemblée n’était lisible que partiellement) ; maintien des délais de retraite de 24 mois ; quote-part minimale pour les droits réduits ; type de contrat exigé ; maintien d’un abattement de 23 000 € à 0,1 % ; sort de l’abattement du cédant si les repreneurs rompent leur engagement ; amendements de commission (agriculture) et de séance ; étalement de l’impôt avec crédit-vendeur et crédit d’impôt annoncés en septembre ; date de promulgation ; effet chiffré de la CDHR et du lissage de la CEHR sur le cas présenté.

Le cas pratique est fictif. Cet article présente un projet de loi en discussion. Il ne remplace pas une consultation fiscale adaptée à votre situation. Faites valider votre situation par un expert-comptable ou un avocat fiscaliste avant toute décision.

Céder son entreprise à la retraite : questions fréquentes

Le pacte Papin est-il déjà en vigueur ?

Non. Il figure à l’article 10 du projet de loi de finances pour 2027, déposé le 1er octobre 2026 et en cours d’examen. Il viserait les cessions réalisées du 1er janvier 2027 au 31 décembre 2029.

Faut-il que tous les salariés repreneurs aient 5 ans d’ancienneté ?

Non. Il suffit qu’au moins un repreneur ait eu un contrat de travail dans l’entreprise pendant 5 ans au cours des 10 années précédant la cession.

L’abattement de 1 000 000 € s’applique-t-il aux prélèvements sociaux ?

Non dans le régime actuel de l’article 150-0 D ter, et rien n’indique un changement : les 18,6 % de prélèvements sociaux restent dus sur la plus-value brute.

Combien le cédant gagne-t-il au maximum ?

En PFU, 500 000 € d’abattement supplémentaire à 12,8 %, soit 64 000 € d’impôt sur le revenu, avant l’effet éventuel de la CDHR.

Peut-on passer par une holding de reprise ?

Oui, si tous ses associés sont des salariés. Un investisseur extérieur au capital ferait perdre les avantages.

Le cédant peut-il garder une part du capital ?

Il peut garder des titres de la société cédée s’il cède plus de 50 % des droits de vote, mais il ne doit détenir aucun droit dans la holding acheteuse.

Le suramortissement est-il réservé aux reprises par les salariés ?

Non. Il s’applique à toute PME reprise sous conditions (totalité ou plus de 50 % des droits de vote, cédant qui quitte ses fonctions, activité poursuivie 5 ans).

Le crédit-vendeur permet-il d’étaler l’impôt ?

Pas dans le texte déposé. Le Gouvernement l’avait annoncé en septembre, mais la mesure n’apparaît pas dans l’article 10.

Une SAS profite-t-elle des droits à 0,1 % ?

Les actions de SAS sont déjà taxées à 0,1 %. La baisse concerne les parts sociales (SARL) et les fonds de commerce.

Que se passe-t-il si les repreneurs revendent avant 5 ans ?

L’avantage est remis en cause, sauf pour les droits d’enregistrement en cas de liquidation judiciaire.

Nouren Rayan, fondateur de SurValeur

Écrit par Nouren Rayan Fondateur de SurValeur et auteur du guide « Le Pont de la valorisation » (plus de 550 pages, 50 chapitres). Vingt-cinq ans de direction d’entreprises et de centres de profit dans quatorze pays, entre Europe, MENA et Asie. MBA Executive IAE Paris & Sorbonne Business School. Parcours détaillé. Publié le · Contenu informatif, ne remplaçant pas un conseil personnalisé

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