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Reprise · Financement · Prêts d’honneur

Prêt d’honneur reprise d’entreprise : montants, réseaux et effet de levier en 2026

Initiative France, Réseau Entreprendre, Bpifrance, France Active et les Régions : combien demander, comment passer le comité, et ce qui se passe si le prêt n’est pas remboursé.

Lecture
18 min
Mise à jour
23.10.2026
Auteur
Nouren Rayan
Repreneur d’entreprise présentant son dossier de financement devant un comité de prêt d’honneur

Devant le comité de prêt d’honneur, le repreneur défend son prix et son plan de financement.

En brefUn prêt d’honneur reprise d’entreprise est un prêt personnel à taux zéro, sans garantie ni caution, accordé au repreneur par un réseau comme Initiative France ou Réseau Entreprendre. Vous l’apportez ensuite à la société qui rachète. La banque le compte comme des fonds propres : c’est lui qui débloque le prêt bancaire, bien plus qu’il ne finance le prix.

Comment fonctionne un prêt d’honneur pour une reprise

En brefPrêté à vous, sans intérêt ni caution, puis apporté à la holding : la banque le compte comme des fonds propres et prête le reste.

Le prêt d’honneur ne finance presque jamais le prix de l’entreprise. Il renforce votre apport personnel, et c’est cet apport renforcé qui convainc la banque de prêter le reste.

Le mécanisme tient en trois étages. Le réseau prête à vous, personne physique, sans intérêt et sans caution. Vous apportez la somme au capital ou en compte courant de la société de reprise, souvent une holding. La holding emprunte ensuite auprès de la banque et rachète les titres ou le fonds de commerce.

Le réseau prête au repreneur, à titre personnel, sans intérêt ni garantie. Le repreneur apporte la somme à la société de reprise, où elle compte comme fonds propres. La banque prête le reste à cette société, qui achète l’entreprise.

Le prêt d’honneur est prêté à la personne, apporté à la société de reprise, puis compté par la banque comme des fonds propres.

Pour la banque, cet argent a la nature de fonds propres : il ne pèse pas sur la société, il est remboursé par le repreneur sur ses revenus personnels. C’est pourquoi on parle de quasi-fonds propres. Une banque attend en général que l’apport, au sens large, couvre 20 à 30 % du besoin d’une reprise de PME. Le prêt d’honneur comble souvent l’écart entre ce que vous avez et ce qu’elle exige.

Les réseaux mesurent cet effet. Selon les plateformes Initiative France, 1 € de prêt d’honneur déclenche en moyenne 9,5 € de prêt bancaire. Réseau Entreprendre annonce un effet de levier de 11 à 13 selon qu’il s’agit d’une création ou d’une reprise. Ces moyennes portent sur tout le financement bancaire des projets suivis. Sur une reprise de PME, le banquier raisonne plutôt en ratio : avec 25 % de fonds propres exigés, chaque euro apporté permet d’emprunter environ 3 €.

Le prêt d’honneur apporte aussi un label. Un dossier qui a convaincu un comité de chefs d’entreprise arrive à la banque avec un premier avis favorable. Il s’accompagne d’un parrainage par un dirigeant expérimenté pendant deux à trois ans, et ce suivi pèse dans la décision du banquier.

Caractéristique Prêt d’honneur Prêt bancaire de reprise
Emprunteur Vous, personne physique La société de reprise
Taux 0 % Taux de marché
Garantie Aucune, ni caution Nantissement des titres, garantie Bpifrance, caution partielle
Remboursement Sur vos revenus personnels Sur les dividendes de la cible
Durée 2 à 7 ans 5 à 7 ans
Rôle Renforcer l’apport Financer l’essentiel du prix

Les cinq sources de prêt d’honneur

En brefInitiative France, Réseau Entreprendre, Bpifrance, France Active et les Régions : de 1 000 à 90 000 €, et la plupart se cumulent.

Cinq dispositifs prêtent sur l’honneur à un repreneur : Initiative France, Réseau Entreprendre, Bpifrance, France Active et les Régions. Leurs montants et leurs critères diffèrent beaucoup, et la plupart se cumulent.

Initiative France de 3 000 à 50 000 euros selon la plateforme, jusqu’à 70 000 euros dans certaines. Réseau Entreprendre de 15 000 à 50 000 euros, jusqu’à 90 000 euros. Bpifrance Création-Reprise de 1 000 à 80 000 euros. Région Pays de la Loire jusqu’à 40 000 euros par repreneur. France Active, prêt d’honneur Solidaire, de 1 000 à 8 000 euros.

Montants pour une reprise en 2026, selon les fiches des réseaux. Les barèmes varient d’une antenne locale à l’autre.

Réseau Montant pour une reprise Durée Ce qu’il regarde
Initiative France 3 000 à 50 000 € selon la plateforme, jusqu’à 70 000 € dans certaines 2 à 5 ans, jusqu’à 7 ans en reprise selon les régions La solidité du projet et du repreneur, sur tous les secteurs sauf exclusions locales
Réseau Entreprendre 15 000 à 50 000 €, jusqu’à 90 000 € dans certaines associations 4 à 5 ans, différé jusqu’à 18 mois Les emplois créés ou maintenus et le potentiel de développement
Bpifrance, prêt d’honneur Création-Reprise 1 000 à 80 000 € 1 à 7 ans, différé de 0 à 18 mois Un prêt d’honneur déjà obtenu auprès d’un réseau opérateur
France Active, prêt d’honneur Solidaire 1 000 à 8 000 € 1 à 5 ans Les publics éloignés du crédit, avec un prêt bancaire au moins égal
Régions Variable, jusqu’à 40 000 € par personne en Pays de la Loire Selon la Région La localisation de la cible et le maintien de l’emploi local

Le prêt d’honneur Initiative France

Initiative France est le premier réseau de prêt d’honneur. Il réunit 207 associations locales et plus de 5 700 marraines et parrains, selon son site. Chaque plateforme fixe son barème. En Nouvelle-Aquitaine, une reprise peut obtenir de 3 000 à 30 000 €, sur 2 à 5 ans et jusqu’à 7 ans pour les reprises, avec un plafond de 80 000 € par entreprise. En Pays de la Loire, le prêt d’honneur Transmission-Reprise monte jusqu’à 40 000 € par repreneur et 60 000 € lorsque plusieurs repreneurs s’associent.

Le prêt Initiative est toujours couplé à un prêt bancaire. Il est accordé après un passage devant un comité local qui réunit des chefs d’entreprise, des banquiers et des experts. Le montant moyen reste modeste, de l’ordre de 10 000 €, mais les reprises obtiennent souvent davantage que les créations. Certaines banques partenaires peuvent aussi accorder un prêt complémentaire à taux zéro.

Le prêt d’honneur Réseau Entreprendre

Réseau Entreprendre sélectionne des « lauréats » qui portent des projets créateurs ou préservateurs d’emplois. Son prêt moyen avoisine 30 000 €, selon son président interrogé par Le Journal des Entreprises en 2026. Les parcours Reprise prévoient deux à trois ans d’accompagnement par un chef d’entreprise, et l’entrée dans un club de lauréats. Le cumul avec un prêt Initiative est possible dans de nombreux territoires.

Le réseau est plus sélectif : il attend un projet d’une certaine taille, avec un potentiel de développement après la reprise. Pour une petite reprise de commerce, Initiative France est souvent la porte d’entrée naturelle.

Le prêt d’honneur Création-Reprise de Bpifrance

Bpifrance ne reçoit pas les repreneurs en direct pour ce prêt. Il est distribué par les réseaux opérateurs, Initiative France, Réseau Entreprendre ou l’Adie, en complément de leur propre prêt d’honneur. Selon la fiche Bpifrance Création, il va de 1 000 à 80 000 €, sur 1 à 7 ans avec un différé de 0 à 18 mois, sans frais de dossier.

Trois conditions comptent pour un repreneur. Vous devez être actionnaire de la société, et pas seulement son dirigeant. Vous ne devez pas être inscrit au fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers. Une assurance décès et perte totale et irréversible d’autonomie est exigée. Certains secteurs sont exclus, comme l’agriculture, la promotion immobilière et l’intermédiation financière.

France Active : le prêt d’honneur Solidaire et la garantie

France Active n’est pas d’abord un prêteur sur l’honneur. Son outil principal pour un repreneur est la garantie du prêt bancaire. Elle couvre jusqu’à 65 % du prêt, dans la limite de 50 000 € garantis, et jusqu’à 100 000 € pour certains projets de reprise. Les garanties Égalité Femmes et Égalité Territoires montent à 80 %.

France Active distribue aussi, avec Initiative France et l’Adie, le prêt d’honneur Solidaire. Il va de 1 000 à 8 000 €, sur 1 à 5 ans. Il vise les demandeurs d’emploi, les bénéficiaires de minima sociaux, les jeunes, les repreneurs en quartier prioritaire et les salariés qui reprennent une entreprise en difficulté. Il suppose un prêt bancaire d’un montant au moins égal, sur lequel la caution personnelle ne peut dépasser la moitié du prêt.

Les prêts d’honneur des Régions

Plusieurs Régions financent un fonds de prêts d’honneur dédié à la transmission, souvent géré par Initiative. Les montants varient fortement : jusqu’à 40 000 € par personne en Pays de la Loire, 30 000 € avec le fonds Centre Reprise Transmission en Centre-Val de Loire, 10 000 à 40 000 € avec le prêt d’honneur Occitanie Transmission. Le panorama complet des aides régionales figure dans notre guide des aides à la reprise d’entreprise.

Prêt d’honneur CCI et auto-entrepreneur : les cas particuliers

En brefLa CCI oriente et aide à monter le dossier, la plateforme prête. En micro-entreprise, la reprise reste possible mais limitée.

Deux recherches reviennent souvent : le prêt d’honneur de la CCI et le prêt d’honneur pour un auto-entrepreneur. Dans les deux cas, la réponse est plus nuancée que le nom ne le laisse penser.

Le prêt d’honneur CCI

Il n’existe pas de prêt d’honneur CCI national. Les plateformes Initiative sont nées, dans beaucoup de départements, à l’initiative des chambres de commerce et des chambres de métiers. Elles en restent proches : la CCI siège souvent au comité, héberge parfois la plateforme et accueille les porteurs de projet.

En pratique, le conseiller transmission de la CCI ou de la CMA joue trois rôles. Il oriente vers la bonne plateforme. Il aide à bâtir le plan de financement et le prévisionnel. Il propose les bourses d’opportunités, comme Transentreprise, et les formations « reprendre une entreprise ». Le prêt, lui, est accordé par la plateforme.

Le prêt d’honneur pour un auto-entrepreneur

Initiative France finance aussi des micro-entrepreneurs. Le prêt étant personnel, il ne compte ni dans le chiffre d’affaires ni dans les seuils de la micro-entreprise. Le prêt d’honneur Création-Reprise de Bpifrance accepte les micro-entreprises, et l’Adie propose un microcrédit jusqu’à 15 000 €, complété par un prêt d’honneur de 3 000 €.

La reprise sous ce statut reste limitée. Certaines plateformes excluent la reprise en micro-entreprise, comme Initiative Eure-et-Loir. Reprendre un fonds de commerce d’une certaine taille, avec des salariés, un bail et un stock, se fait presque toujours en société, une SAS ou une SARL. La micro-entreprise convient à la reprise d’une petite clientèle ou d’une activité artisanale individuelle.

Combien demander : le calcul sur un cas chiffré

En brefSur un rachat de 900 000 €, 90 000 € de prêts d’honneur font passer les fonds propres de 12,2 % à 22,2 % du besoin.

Le bon montant de prêt d’honneur est celui qui fait atteindre à vos fonds propres le niveau que la banque exige. Il se calcule à partir du besoin total, pas à partir du prix.

Prenons une PME de maintenance industrielle près d’Angers, rachetée par un cadre de 45 ans. L’excédent brut d’exploitation retraité atteint 210 000 €. Le prix des titres est de 800 000 €, soit 3,8 fois l’EBE. Avec 40 000 € de frais d’acquisition et 60 000 € de trésorerie de démarrage, le besoin total atteint 900 000 €.

Le repreneur dispose de 90 000 € d’épargne et de 20 000 € d’ARCE. Ses fonds propres représentent 12,2 % du besoin. Pour une reprise de ce type, la banque attend au moins 20 à 25 %. Sans autre ressource, le dossier est refusé, ou accepté avec une caution personnelle très lourde.

Trois prêts d’honneur changent l’équation : 30 000 € d’Initiative, 40 000 € de Réseau Entreprendre et 20 000 € de prêt Création-Reprise Bpifrance. Les fonds propres passent à 200 000 €, soit 22,2 % du besoin. Le cédant accepte un crédit vendeur de 90 000 € sur trois ans. La banque prête les 610 000 € restants, garantis par Bpifrance.

Sans prêt d’honneur : 110 000 euros d’épargne et d’ARCE, 90 000 euros de crédit vendeur et 700 000 euros de prêt bancaire, soit 12,2 % de fonds propres, sous le seuil bancaire de 20 à 25 %. Avec 90 000 euros de prêts d’honneur : 22,2 % de fonds propres et 610 000 euros de prêt bancaire.

Cas illustratif : 90 000 € de prêts d’honneur font passer les fonds propres de 12,2 % à 22,2 % du besoin.

Ressource Sans prêt d’honneur Avec prêts d’honneur
Épargne et ARCE 110 000 € 110 000 €
Prêts d’honneur — 90 000 €
Fonds propres, part du besoin 12,2 % 22,2 %
Crédit vendeur 90 000 € 90 000 €
Prêt bancaire demandé 700 000 € 610 000 €
Lecture de la banque Apport insuffisant Dossier finançable

Le test de remboursement confirme le montage. Le prêt bancaire de 610 000 € sur sept ans à 4,5 % coûte environ 103 500 € par an. Avec le crédit vendeur, le service de la dette atteint 133 500 € les trois premières années. La trésorerie disponible, après impôt et investissements de maintien, est d’environ 160 000 €. Le ratio de couverture de la dette ressort à 1,2, le minimum qu’acceptent les banques.

Un point est souvent oublié : vous remboursez vous-même les 90 000 € de prêts d’honneur, soit 18 000 € par an sur cinq ans. Cette somme vient de votre rémunération de dirigeant, pas de la société. Votre salaire prévisionnel doit donc la couvrir, en plus de vos charges personnelles. Le détail des autres étages du montage, holding, garanties et Prêt Croissance Transmission, est traité dans notre article financer une reprise d’entreprise.

Le dossier et le comité, étape par étape

En brefSix étapes, à engager avant le compromis : plateforme, dossier, accord bancaire, comité, versement, puis suivi par un parrain.

Un prêt d’honneur se prépare en six étapes, et la première commence avant la négociation du prix. Le comité ne finance pas un projet déjà signé.

  1. Contacter la plateforme dès le ciblage. Prenez rendez-vous avec Initiative ou Réseau Entreprendre avant la lettre d’intention. Le chargé de mission vous dira tout de suite si votre projet entre dans ses critères.
  2. Monter le dossier. Il comprend votre parcours, la présentation de la cible, les trois derniers bilans, une valorisation argumentée, le prévisionnel sur trois ans et le plan de financement. Une valorisation multicritère, comme nos rapports de valorisation, répond d’avance à la question du prix.
  3. Obtenir un accord de principe bancaire. La plupart des plateformes exigent un prêt bancaire en parallèle. Le comité et la banque se rassurent mutuellement : présentez les deux dossiers en même temps.
  4. Passer devant le comité. Vous présentez votre projet en une vingtaine de minutes, puis vous répondez aux questions. Le comité juge autant votre capacité à diriger que les chiffres. Il peut accorder un montant inférieur à la demande.
  5. Signer et apporter les fonds. Le prêt est versé sur votre compte personnel après la décision. Vous l’apportez à la holding au capital ou en compte courant bloqué, au moment du closing.
  6. Rembourser et se faire suivre. Les mensualités démarrent après l’éventuel différé. Le parrain vous suit pendant deux à trois ans : c’est une aide réelle pour les premières décisions de gestion.

Les délais varient selon les plateformes et le calendrier des comités : prévoyez plusieurs semaines entre le premier rendez-vous et le versement. Notre méthode complète pour réussir une reprise d’entreprise situe ces étapes dans le calendrier global.

Prêt d’honneur non remboursé : ce qui se passe vraiment

En brefC’est une dette personnelle : elle reste due si l’entreprise échoue. Prévenir tôt permet un report ou un rééchelonnement.

Un prêt d’honneur n’est pas une subvention. C’est une dette personnelle, que vous devez rembourser même si l’entreprise reprise échoue. Le mot « honneur » désigne l’engagement moral, pas l’absence de remboursement.

La différence avec un prêt bancaire tient à la garantie, pas à l’obligation. Le réseau ne prend ni caution ni sûreté sur vos biens. Mais le contrat reste un prêt : en cas d’impayés, la plateforme peut prononcer l’exigibilité anticipée et engager un recouvrement, amiable puis judiciaire.

Trois situations se présentent en pratique.

  • Une difficulté passagère. Prévenez la plateforme dès le premier retard. Elle peut suspendre les échéances quelques mois ou rééchelonner le prêt. Les réseaux préfèrent un repreneur qui alerte tôt à un repreneur qui se tait.
  • La défaillance de l’entreprise. La liquidation de la société ne fait pas disparaître votre dette personnelle. Le prêt d’honneur reste dû, même si vous perdez votre apport. Un plan de remboursement adapté à votre nouvelle situation se négocie avec la plateforme.
  • Le décès ou l’invalidité. Le prêt d’honneur Création-Reprise de Bpifrance exige une assurance décès et perte totale et irréversible d’autonomie. Beaucoup de plateformes en prévoient une pour leurs propres prêts : vérifiez-le dans votre contrat.

Ne pas rembourser ferme durablement la porte des réseaux d’accompagnement et dégrade votre relation bancaire.

Subvention reprise d’entreprise : ce qui ne se rembourse pas

Si vous cherchez des fonds non remboursables, regardez ailleurs que le prêt d’honneur. Il n’existe pas de subvention nationale qui finance le prix d’une reprise. Les aides à fonds perdus sont l’ARCE, qui verse en capital 60 % de vos droits au chômage restants, l’exonération de cotisations ACRE et certaines aides régionales. Elles sont détaillées, avec leurs conditions 2026, dans notre guide des aides à la reprise d’entreprise.

Reprise par un salarié : les prêts qui lui sont ouverts

En brefMêmes prêts que tout repreneur, plus le prêt d’honneur Solidaire et l’ACRE s’il reprend une entreprise en difficulté, ou la SCOP.

Un salarié qui reprend son entreprise a accès aux mêmes prêts d’honneur que tout repreneur. Il bénéficie en plus de dispositifs propres, surtout si l’entreprise est en difficulté.

Le salarié qui rachète son employeur arrive avec un atout que les comités apprécient : il connaît les clients, les équipes et les procédés. Le risque d’intégration est faible, et Réseau Entreprendre valorise particulièrement ces profils. Le montage reste celui d’une reprise classique, avec holding, prêt bancaire et souvent crédit vendeur, le cédant ayant confiance dans son successeur.

Deux dispositifs lui sont propres.

  • Le prêt d’honneur Solidaire. Il est ouvert au salarié ou licencié d’une entreprise en sauvegarde, en redressement ou en liquidation judiciaire qui reprend tout ou partie de cette entreprise. Ce même profil reste éligible à l’ACRE malgré la réforme de 2026.
  • La reprise collective en SCOP. Les salariés peuvent racheter ensemble, sous forme de SCOP ou de SCOP d’amorçage, avec sept ans pour devenir majoritaires. Certaines Régions abondent l’apport de chaque salarié coopérateur, de 1 000 à 3 000 € en Bourgogne-Franche-Comté par exemple.

La reprise d’une entreprise en difficulté obéit à des règles et à des délais spécifiques, présentés dans notre page sur la reprise d’entreprise en difficulté.

Les erreurs qui font perdre un prêt d’honneur

En brefSigner avant le comité, présenter un prix non justifié, oublier son propre remboursement : cinq erreurs, toutes évitables.

La plupart des refus et des montants réduits viennent de cinq erreurs, toutes évitables.

  1. Signer le compromis avant le comité. Le prêt d’honneur sert d’argument auprès de la banque. Obtenu après la signature, il ne joue plus ce rôle, et certains réseaux refusent les projets déjà engagés.
  2. Présenter un prix non justifié. Le comité compare le prix à la rentabilité. Un multiple d’EBE hors marché, sans valorisation argumentée, fait douter de tout le dossier.
  3. Oublier le remboursement personnel. Un prévisionnel qui ne prévoit pas la rémunération nécessaire pour rembourser les prêts d’honneur révèle un montage fragile.
  4. Démarcher un seul réseau. Initiative, Réseau Entreprendre, Bpifrance et la Région se cumulent. Un seul prêt laisse souvent les fonds propres sous le seuil bancaire.
  5. Négliger la présentation orale. Le comité finance d’abord une personne. Un repreneur qui ne connaît pas ses chiffres ou ses premiers clients perd la salle en dix minutes.

Avant le premier rendez-vous, notre autodiagnostic gratuit aide à situer la cible et à préparer les questions du comité. Les points d’audit à vérifier avant de s’engager sont détaillés dans notre guide de la due diligence en transmission de PME.

Prêt d’honneur reprise d’entreprise : ce qu’il faut retenir

En brefLe prêt d’honneur complète l’apport jusqu’au seuil bancaire, se cumule, se demande avant le compromis et se rembourse sur vos revenus.

Le prêt d’honneur est l’outil qui fait passer un dossier de reprise sous le seuil bancaire à un dossier finançable. Il ne finance pas le prix : il complète votre apport pour atteindre 20 à 25 % du besoin, puis la banque prête le reste. Il se cumule entre réseaux et avec l’ARCE, se demande avant le compromis et se rembourse sur vos revenus personnels. Le repreneur qui arrive au comité avec un prix argumenté, un prévisionnel réaliste et un banquier déjà consulté obtient presque toujours davantage. Commencez par l’autodiagnostic gratuit.

Prêt d’honneur reprise d’entreprise : questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un prêt d’honneur pour une reprise d’entreprise ?

C’est un prêt personnel, sans intérêt et sans garantie, accordé au repreneur par un réseau comme Initiative France ou Réseau Entreprendre. Le repreneur l’apporte à la société qui rachète. La banque le compte comme des fonds propres, ce qui débloque le prêt bancaire.

Combien peut-on obtenir avec un prêt d’honneur Initiative France ?

De 3 000 à 50 000 € selon la plateforme, et jusqu’à 70 000 € dans certaines pour une reprise. En Pays de la Loire, le prêt Transmission-Reprise atteint 40 000 € par repreneur. Le montant moyen tourne autour de 10 000 €, et il se cumule avec d’autres prêts d’honneur.

Quelle différence entre Initiative France, Réseau Entreprendre et France Active ?

Initiative France prête sur l’honneur à tous types de projets, avec des montants modulés par plateforme. Réseau Entreprendre sélectionne des projets créateurs d’emplois et prête davantage, de 15 000 à 90 000 €. France Active garantit surtout le prêt bancaire et distribue le prêt d’honneur Solidaire, de 1 000 à 8 000 €.

Existe-t-il un prêt d’honneur CCI ?

Pas au niveau national. La CCI et la CMA orientent vers la plateforme Initiative ou le réseau compétent, aident à monter le plan de financement et siègent souvent aux comités. Le prêt est accordé par la plateforme, pas par la chambre.

Un auto-entrepreneur peut-il obtenir un prêt d’honneur pour reprendre une entreprise ?

Oui dans certains cas : Initiative France et le prêt Création-Reprise de Bpifrance acceptent les micro-entreprises, et l’Adie propose un microcrédit avec prêt d’honneur. Mais certaines plateformes excluent la reprise en micro-entreprise, et la reprise d’un fonds avec salariés se fait presque toujours en société.

Que se passe-t-il si le prêt d’honneur n’est pas remboursé ?

Il reste dû, car c’est une dette personnelle, même si l’entreprise est liquidée. La plateforme peut suspendre ou rééchelonner les échéances si vous la prévenez tôt. À défaut, elle peut engager un recouvrement. Une assurance décès et invalidité couvre en général le prêt Bpifrance.

Peut-on cumuler plusieurs prêts d’honneur et l’ARCE ?

Oui. Les prêts d’honneur d’Initiative France, de Réseau Entreprendre, de Bpifrance et de la Région se cumulent souvent, et s’ajoutent à l’ARCE versée par France Travail. Tous renforcent l’apport personnel du repreneur, que la banque prend en compte.

Le prêt d’honneur est-il une subvention ?

Non. Il se rembourse intégralement, sans intérêt. Les aides non remboursables à la reprise sont l’ARCE, l’exonération ACRE et certaines aides régionales. Il n’existe pas de subvention nationale qui finance le prix d’une reprise.

Un salarié qui reprend son entreprise peut-il obtenir un prêt d’honneur ?

Oui, comme tout repreneur. S’il reprend une entreprise en sauvegarde, en redressement ou en liquidation, il est aussi éligible au prêt d’honneur Solidaire et à l’ACRE. Une reprise collective peut se faire en SCOP, avec des aides régionales au capital des salariés.

Quand faut-il demander le prêt d’honneur ?

Avant de signer le compromis de cession, idéalement dès le ciblage de l’entreprise. Le prêt sert à convaincre la banque : il doit être instruit en parallèle du dossier bancaire, pas après. Prévoyez plusieurs semaines entre le premier rendez-vous et le versement.

Nouren Rayan, fondateur de SurValeur

Écrit par Nouren Rayan Fondateur de SurValeur et auteur du guide « Le Pont de la valorisation » (plus de 550 pages, 50 chapitres). Vingt-cinq ans de direction d’entreprises et de centres de profit dans quatorze pays, entre Europe, MENA et Asie. MBA Executive IAE Paris & Sorbonne Business School. Parcours détaillé. Publié le · Contenu informatif, ne remplaçant pas un conseil personnalisé

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